Des moustiques anormalement nombreux en octobre
Le service des forêts et de la nature du canton de Fribourg le confirme. Et ce n'est pas le seul impact de la douceur sur la faune.

Les moustiques jouent les prolongations cette année. Le service des forêts et de la nature du canton l'a confirmé par la voix de son collaborateur scientifique, Adrian Aebischer: ce n'est pas qu'une impression, il y a bien plus de moustiques cette année.
Et oui, c'est lié à la météo. "Les moustiques sont encore actifs parce qu'il fait chaud, explique-t-il. Au crépuscule ou la nuit, il commence à faire froid, mais les moustiques parviennent à trouver des endroits chauds, notamment en entrant dans les appartements ou les maisons par les fenêtres qui sont ouvertes."
Voilà pourquoi vous vous faites encore piquer. Mais rassurez-vous, dès qu'on aura des nuits plus froides, ces moustiques vont soit mourir, soit entrer en hibernation. Mais tant qu'il fait encore chaud, ils vont rester actifs.
La chaleur exceptionnelle de cet automne n'affecte pas seulement les insectes. Elle a aussi des impacts sur d'autres animaux, tels que les oiseaux, selon Adrian Aebischer. "Avec les températures actuelles, certaines espèces comme la bergeronnette grise, la fauvette à tête noire, l'étourneau, ou encore le rouge-queue noir vont commencer leur migration un peu plus tard."
Pour d'autres oiseaux migrateurs — les martinets noirs ou la plupart des hirondelles — , la chaleur actuelle ne change rien, puisque ceux-là commencent leur migration fin juillet déjà. Ils sont en Afrique en ce moment.
Grimper pour échapper au chaud
La faune de montagne peut, elle, grimper un peu plus haut en altitude pour trouver de la fraîcheur. C'est le cas du lagopède par exemple. Un mois d'octobre hors norme isolé n'impliquera pas de grands bouleversements.
En revanche, cela deviendra problématique si ces automnes chauds se multiplient, poursuit Adrian Aebischer. "Les animaux peuvent se déplacer, aller 300 mètres plus haut d'une année à l'autre. Sauf que ces espèces ont besoin d'un habitat, de nourriture. Et là, le changement ne se fera pas au même rythme: pour que la végétation monte, il faut du temps, parfois plusieurs décennies."
Généralement, l'effet de la douceur des températures en automne sur la faune et la flore est moins bien étudié que l'effet d'une douceur exceptionnelle au printemps. La raison: le printemps étant la période de reproduction pour beaucoup d'espèces, elle est cruciale.


