Geneviève Liniger, un esprit ouvert sur le monde

L'agricultrice de Cugy et son mari ont modernisé leur exploitation. Évoluer avec son temps et oser de nouvelles expériences, c’est la philosophie de cette mère de 4 enfants

Geneviève Liniger est une fille de Cugy. Elle y est née, y a grandi et y élève ses 4 enfants © Radio Fribourg

Les avions de chasse qui traversent le ciel, Geneviève Liniger ne les entend plus. A Cugy, dans la Broye fribourgeoise, les passages de FA-18 sont quotidiens. Même les vaches n’y font guère attention.

En revanche, elles ne perdent pas une miette des allées et venues de l’agricultrice. Au moment de notre rencontre, c’est l’heure de la sortie au pâturage, elles piaffent d’impatience. A peine l’agricultrice a-t-elle ouvert la barrière, que les bovins se précipitent à l’extérieur, impatients d’aller brouter l’herbe encore fraîche.

Une exploitation moderne et polyvalente

Geneviève et son mari Samuel élèvent une soixantaine de vaches allaitantes, pour lesquelles ils viennent de construire un bâtiment moderne et fonctionnel. « Il nous cache désormais la vue sur les montagnes, mais les vaches, elles, elles peuvent en profiter.» rigole Geneviève.

Le nouveau bâtiment peut accueillir notamment les 60 vaches allaitantes et leurs veaux

Le couple engraisse aussi des poulets pour Micarna. Il cultive principalement des pommes de terre, mais également des céréales et du fourrage. Et enfin il fait de la vente directe dans son magasin self-service.

Un travail d'équipe

L’exploitation est celle de son mari, mais Geneviève est désormais son associée. Une mesure prise en vue du changement de loi l’an prochain : pour obtenir des paiements directs, l’exploitant.e devra déclarer son conjoint ou sa conjointe s’il ou elle travaille régulièrement sur l’exploitation sans avoir un revenu propre suffisant. C’est le cas de Geneviève. « Avec cette disposition, je peux cotiser un minimum à l’AVS. Mais au quotidien, que j’aie ou pas mon nom sur le papier, ça ne change rien, on faisait déjà équipe.»

Au self-service tout neuf, les produits de la ferme et d'autres producteurs locaux

Une « équipe » qui s’est rencontrée dans la fanfare de Cugy. Geneviève, en fille du village, y jouait, son futur époux aussi. Et le monde agricole, elle connaissait aussi sur le bout du doigt. Elle a grandi et travaillé dans la ferme paternelle. Titulaire d’un CFC d’agricultrice, elle a passé une année en Gruyère « le bassin de la vache laitière » et une année en Singine pour apprendre l’allemand. Un fiasco : « Ils parlent tous français ! »

C’est important en agriculture d’évoluer et de ne pas être seulement focalisé sur son travail. Aujourd’hui, il faut qu’on communique, qu’on montre ce qu’on fait et qu’on soit ouvert 

Mais elle ne regrette pas ses expériences et encourage les jeunes à en faire autant avant de s’installer dans la vie active. C’est le cas son fils, actuellement en apprentissage. Il rêve d’aller faire les moissons en Australie et découvrir les biogaz en Allemagne. Geneviève l’encourage « Il faut qu’il vive sa vie avant de revenir » Et peut-être qu’il prenne la relève. L’aînée de ses trois filles est meunière, « pour garder un lien à la terre ». La 2ème est en prégym’ mais se voit plutôt faire un métier manuel.

« C’est important en agriculture d’évoluer et de ne pas être seulement focalisé sur son travail ». Il en va aussi de l’image de la profession, jadis très respectée. « Aujourd’hui, il faut qu’on communique, qu’on montre ce qu’on fait et qu’on soit ouvert »

Notre reportage à la ferme de Geneviève Liniger: 

RadioFr. - Sarah Camporini
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