Nouveaux droits de douane: "injustes" et "incompréhensibles"

La Suisse est à nouveau frappée par les droits de douane américains. Réaction de la conseillère nationale fribourgeoise Nadine Gobet.

L'Union européenne et le Royaume-Uni, eux, conservent un taux de 10%. © La Télé

Washington a décidé d'augmenter les droits de douane frappant une soixantaine de partenaires commerciaux, dont la Suisse. Le taux appliqué aux exportations helvétiques grimpe à 12,5%.

Une décision jugée "injuste" et "incompréhensible" par la conseillère nationale fribourgeoise Nadine Gobet (PLR). Car si l'on se réjouit que le seuil des 15% — fixé dans la déclaration d'intention signée entre Berne et Washington en novembre dernier — ne soit pas franchi, la donne change lorsqu'on "compare la Suisse à ses concurrents directs", souligne-t-elle. L'Union européenne et le Royaume-Uni, eux, conservent un taux de 10%.

Ces 2,5 points de pourcentage supplémentaires s'ajoutent à un contexte déjà difficile pour les entreprises helvétiques: le franc fort, les prix de l'énergie élevés et des marges réduites. "C'est pour ça qu'on estime que c'est une mauvaise nouvelle", confie la parlementaire.

Au-delà des chiffres, c'est surtout le manque de vision qui inquiète. "Les entreprises ont besoin de sécurité, ont besoin de pouvoir planifier", insiste Nadine Gobet. Investissements, emplois, stratégies commerciales: tout repose sur la capacité à anticiper. Or, sans accord contraignant et durable, les entreprises suisses restent suspendues aux décisions unilatérales américaines. "On se retrouve toujours dans cette situation", déplore-t-elle.

Une accusation de "travail forcé" ridicule

Parallèlement à l'annonce tarifaire, les États-Unis ont accusé plusieurs partenaires commerciaux, dont la Suisse, de ne pas suffisamment lutter contre le travail forcé. Une accusation balayée par Philippe Miauton, directeur de la Chambre vaudoise de commerce et d'industrie. "C'est totalement sans fondement", tranche-t-il, rappelant que le travail forcé est interdit en Suisse par la Constitution, le droit civil et le droit pénal.

"On imagine qu'il y a une multitude d'autres pays qui ont également des dispositions pour lutter contre cet élément-là. C'est sans fondement, c'en est quelque peu ridicule", ajoute-t-il, y voyant une excuse de plus dans une "guerre protectionniste" où "toutes les excuses sont bonnes pour justifier une augmentation de tarifs".

La priorité: un accord contraignant

Face à cette nouvelle donne, la priorité pour Berne reste la négociation. "Bien sûr qu'on aimerait fixer les douze et demie sur le long terme", reconnaît Nadine Gobet. "Mais la déclaration d'intention de novembre porte non seulement sur les tarifs douaniers, mais aussi sur les obstacles non tarifaires. On est obligé de continuer à négocier", affirme-t-elle, l'objectif étant de décrocher un accord "contraignant et durable" capable d'assurer la sécurité juridique tant attendue par les entreprises.

La Télé - Gaël Longchamp / Adaptation web: Mattia Pillonel
...